Je ne suis ni la première, ni la dernière à vouloir faire le tour du monde, à vouloir découvrir les différents cultures, populations et paysages qui existent sur Terre. Nous sommes nombreux.ses (si ce n’est tout le monde ici bas) à y avoir pensé au moins une fois. Mon projet n’est pas encore complètement façonné, il n’est pas du tout prêt, et je compte partir en janvier 2020. On a le temps avant que je raconte mon voyage via des articles de blog ! Mais il y a tellement à raconter en amont… ma réflexion, les prises de décision quant à la portée du projet, à la destination ou à la manière de voyager… les sujets sont nombreux et je ressens le besoin de les partager. Soyez les bienvenu.es sur cet espace de partage et d’échange, qui, je l’espère, pourra en inspirer certain.es pour leurs futurs projets.
Pour ce premier article, j’aimerais parler de la naissance de ce projet. Comment je me suis retrouvée, à la fin de mon école de commerce, à décider de partir en Voyage à Durée Indéterminée ?

J’avais depuis bien longtemps fait une croix sur mon envie de faire le tour du monde. Voyons, c’est complètement irréaliste… Comment se nourrir, se déplacer, vivre, si on ne travaille pas à la fin de ses études, si on ne capitalise pas sur nos années de jeunes actif.ves pour économiser, investir dans l’immobilier et construire son plan de carrière ? Je suis entrée en école de commerce en 2015, ne sachant pas exactement ce que je comptais faire. Je me suis bien vite adaptée au moule : un premier stage en Ressources Humaines (RH) en 2016, puis le choix de faire une alternance de deux ans, dans les RH, à Paris, m’amenant à m’installer avec mon copain dans un appartement de banlieue parisienne en janvier 2017. Et hop, lancée sur la route de la carrière professionnelle ! Quand je parlais de partir en voyage un an à la fin de mes études, mon copain était foncièrement contre : je ne pouvais pas l’abandonner, et il ne voulait absolument pas faire ça avec moi. Soit, je ne partirai pas. La vie continue, je suis un peu perdue sur ce que je souhaite faire après mon alternance : grimper les échelons et avoir une vie confortable ? Faire l’expérience de l’entrepreneuriat ? Je laisse du temps au temps.
Mais hop, un déclic, en avril 2018, et je me retrouve célibataire, en coloc et… prête à refaçonner tous mes projets ! En effet, le lendemain de ma rupture, je me souviens avoir ressenti une immense libération en pensant « Plus rien ne me retient de voyager ! ».
C’est à ce moment là que je me passionne pour l’écologie. J’y ai toujours été sensible (merci Papa qui me montrait des vidéos alarmantes « Nous avons 4 ans pour sauver la planète » quand j’avais 8 ans) mais ne respectais aucune conviction. L’année passée m’a permis de bien avancer sur ce chemin : je n’achète plus de vêtements neufs, je bois dans une gourde en Inox, fais toutes mes courses en vrac, ne mange presque plus de viande, marche pour le climat, j’ai même des pailles en Inox pour les cocktails maison ! J’ai tant avancé que je me suis mise à vouloir travailler dans l’écologie ou le social. Et c’est ainsi que j’ai découvert l’Entrepreneuriat Social et Solidaire (ESS). Mon mémoire de fin d’études est un Business Plan pour une entreprise dans le secteur des cosmétiques bios, mais j’abandonne l’idée de créer mon entreprise à la fin de mes études : j’ai trop envie de voyager régulièrement et l’entrepreneuriat demande une dévotion à 100% et un adieu aux vacances pendant quelques années. Je ne suis pas encore prête. Du coup, je décide de bosser dans l’écologie à la fin de mes études, de trouver un travail qui a du sens et dans une entreprise qui respecte mes valeurs et convictions. Un an ou deux de labeur, puis je partirai en voyage autour du monde ! D’août à octobre 2018, je passe des entretiens dans des entreprises toutes plus intéressantes les unes que les autres, qui agissent au quotidien pour construire un monde meilleur… le CDI tant rêvé se rapproche…
A ce moment là, à l’école, tout le monde parle de sa recherche d’emploi. « Et toi, t’as signé à combien ? », « T’as signé chez X ? Waouh, pas mal ! », « Je prévois de bosser 10 ans avant de me la couler douce », « Je vais faire du M&A/Account Management/Marketing Produit/Consulting (rayer les mentions inutiles) chez Y ». Même si cela ne se veut pas malsain, ça a un côté très compétitif : qui grimpera les échelons le plus vite ? qui gagnera le plus ? A vouloir travailler dans l’écologie, pas d’inquiétude, je sais que ce ne sera pas moi ! C’est un très beau secteur qui n’a malheureusement pas les moyens de rémunérer de manière attractive.
Nous sommes quand même un certain nombre à avoir peur de ce Graal qu’est le CDI… On a croisé beaucoup de personnes qui travaillent et ne sont pas épanouies, mais qui, étant dans une situation confortable, ne prennent pas le risque de quitter leur emploi pour trouver ce qui a du sens à leurs yeux…
Un beau soir de décembre, alors que je raconte par messages vocaux les tribulations de ma recherche d’emploi à un ami en alternance lui aussi, celui-ci, qui a déjà signé un CDI dans une grande entreprise, me répond : « Anaïs, si j’étais à ta place, je prendrais mon sac à dos, dès janvier 2019, et je partirais, n’importe où, découvrir le monde. Tu parles de voyage tout le temps, c’est ce que tu aimes, alors fonce, tu bosseras plus tard ! ». Oui, sauf qu’à ma place, il n’y est pas. J’ai des activités que je ne peux pas lâcher comme ça ! Je tiens trop à terminer mon année d’improvisation théâtrale, continuer à jouer avec mon orchestre… Je ne peux pas partir en janvier ! Sur le reste… je lui donne raison et ses mots résonnent en moi pendant plusieurs jours. Une semaine plus tard, je mets fin à tous les processus de recrutement dans lesquels je suis. Je n’aurai pas de CDI ! En plus, ça me faisait trop peur de m’engager pour une durée indéterminée.
En effet, un CDI (et ce n’est que mon avis), c’est pour moi le symbole de la zone de confort : il nous confère une situation stable (trouver un logement facilement, ne pas avoir à se demander comment on va se nourrir le mois d’après, faire des plans sur le long terme…), dont il est difficile de sortir car ça demande de prendre des risques. Or, je cherche à faire régulièrement des pas en dehors de ma zone de confort (ce sera surement le sujet de plusieurs articles), car c’est là qu’il se passe les choses les plus excitantes ! Avec un CDI, j’aurais eu très peur de ne jamais oser démissionner, étant trop attachée à la vie confortable que j’aurais construite.
Je réfléchis, et décide de me laisser un an pour terminer ce que j’ai commencé avec mes activités, économiser un peu plus, préparer mon voyage et passer du temps avec ma famille et mes amis. Je partirai en janvier 2020 ! D’ici là, il faut que je travaille, pendant 6 à 10 mois. Dès la fin de l’alternance, en janvier 2019, je trouve un CDD pour 9 mois dans une grande entreprise, parfait.
Commence alors la préparation de mon voyage. J’ai des dizaines d’idées en tête, certaines bien avancées, d’autres embryonnaires, et il faut que j’arrive à structurer ma pensée. Ça prends du temps de penser à la portée du projet, aux détails logistiques… Mais ça m’épanouit et me donne de la force pour travailler dans une entreprise cinq jours par semaine.
Le fruit de ma réflexion sur le projet et l’état actuel de ma pensée sera le sujet du prochain article.
Si il faut retenir une chose sur ce que vous venez de lire, c’est qu’il faut avoir la force de lutter contre le moule pour réaliser ce qui promet de nous épanouir pleinement.
Dans l’attente de vos avis, conseils, suggestions et partages d’expérience, bonne journée !
Anaïs
J’ai hâte de découvrir la suite ! 😘❤️
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C’est super bien écrit et touchant, bravo mon chat et fonce ! 😙😙😙❤
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Pour avoir suivi tes différentes phases de recherches d’emploi de près, je trouve que la décision à laquelle tu es parvenue est celle qui te correspond le plus et est soit dit en passant la plus courageuse !
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Yallah! Yapluka!
(si tu as besoin d adresse…)
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Superbe Anaïs ! Bravo à toi. J’ai un beau souvenir de la conversation que nous avons eu au sujet de ton projet au Tonel. Dans ce texte, je ressens ta joie d’être dans la sincérité de ton projet, c’est très chouette. Bon vent à toi ! Je ne sais pas à la recherche de quoi tu pars, mais sait ce que tu vas trouver ?! A très vite, rue Saint Roch eeeeeet rue des Maturins !
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Wouah, je me retrouve tellement dans tes mots ! J’ai également prévu mon départ en 2020. Hâte de suivre ton parcours !
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Oooh quelle bonne nouvelle ! A ta dispo pour discuter de nos projets respectifs 🙂
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Texte qui respire la sincérité (et qui est bien écrit – c’est rare sur la blogosphère de nos jours !!), et qui devrait en faire réfléchir plus d’un.
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Merci beaucoup Jenny pour ton commentaire (et ton compliment!), je suis touchée 🙂
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Je trouve ca courageux d’abandonner l’idée d’un CDI, d’une vie stable et d’un confort relatif au profit d’un voyage. Mais je trouve ca plus courageux encore de prendre le temps d’y penser et d’attendre un an pour concrétiser ce projet. J’espère sincèrement que cette envie de voyage ne te quittera pas pendant cette année de réflexion, ne laisse pas ta peur prendre le dessus, surtout à l’approche de la date butoir ! Je suivrai ton blog avec grand intérêt 🙂
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MERCI !
L’avantage, c’est que maintenant que j’ai commencé à en parler, en plus de l’engagement envers moi-même, j’ai le regard des autres qui me pousse à ne pas abandonner ce projet, quoi qu’il arrive (c’est pas hyper sain mais je m’en sers comme je peux ahah)!
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Haha oui, j’ai utilisé la même technique pour m’empêcher de reculer !
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Beau projet en perspective ! Ce que tu as appris te sera utile sur la route et tu trouveras certainement des projets écolos intéressants dans lesquels t’investir. Si ça peut te rassurer, j’ai également pris mon sac à dos juste après mes études et je ne regrette ABSOLUMENT PAS !!! C’était il y a presque 10 ans et je continue de vivre une vie nomade loin du soit disant confort d’un CDI. Je ne gagne pas des milliers d’euros mais je me sens libre !
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Merci beaucoup Claire pour ton message ! C’est très rassurant de voir que d’autres ont adopté se mode de vie et s’y épanouissent, merci pour ça 🙂
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