L’écologie, ou comment accepter de faire face à ses contradictions

Aujourd’hui, je suis plutôt sensibilisée à l’écologie et à l’impact désastreux que les activités humaines ont sur l’environnement. Je crois même qu’une conscience collective se réveille à ce sujet. Bien sûr que je suis au courant, que j’ai vu tous ces chiffres qui nous disent que la fin est proche, mais ça a l’air vachement loin de nous quand même non ? Il a neigé à Paris cet hiver… Et par où je dois commencer ? Et pourquoi ça devrait venir de nous et pas des entreprises qui polluent et pillent les ressources naturelles ou de l’Etat qui peut mettre en place des législations ? Pourquoi moi je ferais si les autres ne font rien ?
Ce genre de questions me rend parfois amorphe et m’empêche d’agir. Je construis des croyances autour de l’écologie, mais mes actes ne suivent pas toujours : je suis pleine de contradictions ! Peut-être que vous aussi…?

Laponie Suédoise, août 2018

J’en ai parlé dans mon premier article : j’ai eu un déclic écologique l’an dernier, qui m’a fait changer pas mal d’habitudes dans de mon mode de vie. C’est un processus long qui évolue constamment et qui m’oblige à constater mes contradictions. En effet, j’ai beau faire des efforts, réussir à tenir tous les engagements écologiques que je prends avec moi-même relève de l’impossible ! Arrêter la viande, arrêter le plastique, ne plus acheter de vêtements neufs… et en même temps gérer sa vie professionnelle et s’épanouir dans sa vie sociale tout en prenant du temps pour ses passions, ça fait beaucoup pour une seule personne (et je voue une admiration sans bornes à ceux qui arrivent à tout mener de front !). Du coup parfois… je craque. Un petit exemple qui illustre l’imbroglio cérébral en moi :

Décembre 2017. Repas de Noël de la DRH de mon ancienne entreprise. Quelqu’un a ramené du foie gras fait maison (miam). Je me lance dans un laïus sur la cruauté du gavage des canards et la nécessité de mettre de côté le bonheur de quelques instants suscité par une bouchée de foie gras car il est insignifiant en comparaison avec les semaines de souffrance vécues par les oies. Tout le monde est d’accord, mais c’est Noël et le foie gras c’est sacré, puis on va pas le jeter quand même. Ah ben oui, vous avez raison, et puis c’est vraiment bon ce truc. On ne se souvient que trop bien de la personne qui a englouti la première tranche de foie gras à peine sa diatribe achevée.

Des contradictions comme ça, j’en ai plein ! Quand je fais des crêpes et que je ne peux résister à acheter un petit pot de Nutella, quand je dis que je suis ENFIN presque végétarienne et que je ne résiste pas à une planche de charcuterie deux jours plus tard, ou quand je prends un Uber pour rentrer de soirée alors que je pourrais rentrer en métro / vélib... Je crois que j’ai appris à vivre avec car elles seront toujours présentes, et que si je me frustre, je vais finir par être insupportable pour les autres ou envoyer valser toutes mes valeurs au bout d’un moment. Du coup, je connais mes engagements personnels, mais si j’ai besoin de craquer une fois de temps en temps, tant pis, c’est pour mieux repartir ensuite. En plus, mon cerveau a très bien compris que l’écologie le rend heureux : quand je fais des actions positives, je suis contente, je me sens utile et j’ai l’impression de faire quelque chose de bien (aussi minime qu’en soit l’impact). Ces shoots d’hormones du bonheur générées par l’écologie sont un très bon moyen de réduire la frustration et par conséquent, les petites rechutes !


D’ailleurs je serais intéressée de connaître un peu mieux les contradictions des autres (= toi qui me lis) et comment ils réagissent face à elles. Vos retours sont les bienvenus !

Bref, quatre paragraphes pour en arriver à parler d’avions (moi, m’égarer dans mes propos ? Jamais !).


Comme j’adore voyager (hyper original comme passion), je prends souvent l’avion. Quand je suis devenue un peu « écolo », je me suis dit que vu tout ce que je faisais dans ma vie quotidienne, je pouvais bien m’autoriser à prendre l’avion de temps en temps pour partir en voyage. Oui enfin, vu la pollution engendrée par l’avion et les valeurs que je voulais défendre, ça nous en fait une belle, de contradiction. Un petit rappel sur les émissions de CO2 par les avions (zéro culpabilisation, c’est juste pour qu’on sache de quoi on parle):


Crédit : Émissions de CO₂ par kilomètre parcouru de différents modes de transport selon le type de trajet. ADEME

Ces dernières années, l’avion, je ne m’en suis pas privée. 14 fois en 2017, 10 fois en 2018, ouille. Je n’ai pas décidé d’arrêter de prendre l’avion. J’aime trop voyager et je sais que je serai amenée à le prendre encore. Mais, en voyant quelques personnes autour de moi réduire leurs voyages en avion, j’ai pensé que je pouvais réduire. Je me suis rendu compte que je connaissais très mal la France (alerte, je ne suis jamais allée en Bretagne), dont une grande partie est pourtant largement accessible en train. Je l’admets, j’ai aussi moins de temps pour voyager depuis que je travaille en intérim et que j’ai très peu de jours de congés. L’un dans l’autre, le constat mène à une conclusion simple : moins voyager à l’autre bout du monde, mais voyager quand même, en (re)découvrant la France.

Et du coup, si je ne prenais pas l’avion de tout mon voyage ? Euh… ok ! Mais pour l’Amérique du Sud tu vas faire comment ? Ah, ben j’ai qu’à faire une Transatlantique et embarquer sur un bateau à voile avec un équipage ! Ah. Oui, pas bête.

Je vais (essayer de) voyager sans prendre l’avion. Je ne sais pas où cela me mènera, mais l’objectif est de se déplacer en polluant le moins possible, avec le plus de collaboratif possible : je prendrai sûrement le train, mais j’aimerais bien me déplacer principalement en stop (d’où la découverte de Metz en stop, vous vous rappelez ?).

Enfin… le stop, je n’y suis pas encore. Avant, il va falloir traverser un océan ! J’avoue, j’appréhende un peu et ce projet me semble plus gros que moi. Réflexion à découvrir dans un prochain article !


C’est donc dans une optique écologique, associée à une envie de sortir de ma zone de confort et de découvrir de nouvelles choses (tout en me prouvant que j’en suis capable) que je m’apprête, début 2020, à traverser l’Atlantique à la voile en rejoignant un équipage… qui est encore à trouver !

Finalement, pallier cette contradiction entre mes convictions écologiques et la banalisation de l’avion risque de m’apporter un beau lot d’aventures et me permettre de découvrir de belles choses. Évidemment, des contradictions, j’en aurai toujours. Mais les éliminer en corrélant mes actes et mes valeurs me permet de me sentir mieux et plus épanouie.

Anaïs

PS : si vous connaissez des gens qui comptent faire une transatlantique début 2020, vous pouvez leur donner mon contact…!

13 commentaires sur “L’écologie, ou comment accepter de faire face à ses contradictions

  1. Oh comme je me retrouve dans ton article ! J’avoue que la tentation d’aller à l’étranger est souvent bien plus forte que mes convictions… Je suis heureuse cependant que l’idée de voyager dans son propre pays retrouve un peu d’attrait pour notre « génération », j’ai souvent eu l’impression qu’en ayant parcouru la France en long, en large et en travers j’étais jugée comme « moins ouverte d’esprit » que les autres. Opter pour une traversée avec un bateau à voile est un projet merveilleux : tellement plus osé qu’un billet pris sur Google Flights !

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  2. Très touchant de sincérité ton texte Anaïs. Tu me fais penser au Petit Prince, qui pensait, en voyageant de planète en planète, partir à la découverte de l’univers. Bon cheminement à toi en tout cas, ça a l’air plutôt bien parti 🙂

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  3. J’ai traversé l’Atlantique en voilier il y a quelques années en bateaustop. J’ai fait plus de 20000 km en stop en Europe. Et tout ça, sans y voir une quelconque action écologique mais juste de suivre mes rêves.

    Mais j’ai aussi pris l’avion plus d’une cinquantaine de fois depuis le début de mes aventures et tout ca me fait énormement réfléchir.

    Par la suite, Je suis devenu végétarien pour la planète, puis pour les animaux (c’est bcp plus concret et simple de visualiser un animal mort plutôt qu’une planète morte).

    Mon ambition est d’arrêter de faire de la téléportation en avion pour juste 1 ou 2 semaines, et uniquement si le voyage sur place est long.

    Bref, bonne réflexion à toi !

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    1. Capitaine, merci pour ton message !

      Bravo pour tes réflexions et tes actions, j’ai commencé à lire ton blog et je suis donc en train de créer ma bucket list, que je devais faire depuis longtemps et sur laquelle je n’avais jamais pris le temps de réfléchir ! Merci pour ton influence, je vais suivre ce que tu racontes car c’est source d’inspiration pour moi !

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  4. Haha je me suis reconnu également dans les paragraphes sur les contradictions ! Je pense qu’on est nombreux à être dans ce cas là !

    Concernant le voyage en avion, et bien pour ma part j’adore prendre l’avion ! La sensation est dingue, et puis la vue, et puis l’excitation du voyage… Mais effectivement, niveau écologie c’est pas top. C’est une des raisons qui font que je n’ai finalement pris l’avion que deux fois dans ma vie.

    Aujourd’hui je favorise l’autostop qui est plus adapté à mon mode de voyage, axé sur les rencontres ! J’ai d’ailleurs fait du stop pendant deux mois en France, pour visiter à fond mon propre pays avant d’aller explorer le monde !

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    1. Merci pour tes mots Ben !

      Deux fois l’avion dans ta vie… tu es un très bon élève pour quelqu’un qui adore ça 🙂 Je valide l’autostop, qui je l’espère, deviendra un de mes moyens de transport de prédilection l’an prochain ! Et même peut-être avant…

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  5. Ahh! Je suis très heureux de lire ton blog Anaïs ! Ce que j’adore est ton côté franche. Tu fais pas semblant d’être très sérieuse même si tu parle d’un sujet sérieux. J’adore les examples et le component franche! Même au niveau d’apprentissage de langue, j’apprécie le vocabulaire parce-que j’ai plein de mots pour lancer une soirée de recherche ce dimanche avec des frites et la sauce Samurai. 😉
    Pleins de bisous :*

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  6. T’es une marrante ! tout le monde, je crois est dans ce cas ! et je suis la première à me sentir concernée… j’essaie cependant d’être le plus cohérent possible.
    Mais … pas toujours évident à moins d’être d’une conviction sans faille.
    Exemples personnels :
    – je fais toujours en sorte de prendre ma voiture pour faire plusieurs choses et faire un « circuit » pour utiliser le moins de carburant possible. Ben oui, si ici on prend le car, autant voyager avec sa valise entre temps tellement y a rien !
    mais à côté de ça, j’ai acheté un petit camion pour des voyages (modestes, hein !) avec mon chat et mon chien.
    J’avais besoin de partir. C’était vital. Or, qu’est ce qui était important dans MA vie ? m’occuper, pour une fois, un peu d’elle…
    – J’avais décidé de plus acheter chinois. J’ai réussi pas mal de temps.
    Mais … as tu déjà essayé d’acheter une ampoule, une lampe torche, qui ne vienne pas de l’autre bout du monde ?
    Moi, je n’y suis pas arrivée.
    Alors, vu que j’en ai marre du gigantisme capitaliste, qu’il soit asiatique ou russe ou autre, et que les profits se fassent sur des produits chinois sur lesquels les bénéfices sont assurés, j’ai commandé pour la première fois de ma vie, directement en chine, quelques objets qui me faisaient plaisir ou dont j’avais besoin.
    l’effet pervers, je sais est que je fais voyager avec un tout petit emballage plastique, des objets pour mon confort.
    L’effet qui, je l’espère peut être bénéfique : arrêter d’importer, -ou réduire- des milliers de tonnes par cargos qui font chier la mer et les poissons pour terminer en invendus chez Noz ou se retrouver chez Action.
    – le foie gras : pour moi, pas de problème ! il s’agit de foie malade donc je ne comprendrais jamais qu’on puisse aimer ! 😉
    – Le plastique : pour la première fois j’ai repris des sacs déjà utilisés pour acheter mes primeurs au super U du coin, juste en mettant l’étiquette de ce que j’achetais. Même si c’est périssable, ça m’emmerde parce que souvent c’est de l’amidon de mais ou de patate dont les cultures sont gourmandes en eau.
    C’est ma part à moi, comme celle de la légende du colibris.
    – je ramasse, à chaque fois que je vais sur la plage, les déchets, mais suis forcée de ramasser la crotte du chien dans un pochon plastique … terrible pour moi !
    – Je remplis d’eau une bouteille de verre pour ne pas avaler de plastique.
    – Je dépose consciencieusement dans les containers ce qui soit-disant peut être recycler ou bruler pour faire de l’énergie, même si je ne peux pas choisir les emballages des denrées que j’achète.
    – je m’intéresse le plus possible au solaire pour ne plus utiliser de piles ou le moins possible.
    – J’ai horreur du froid mais ne surchauffe pas mon habitat pour contribuer le moins possible aux désastres environnementaux.
    -Toi qui vas voyager, j’espère que tu as un panneau solaire de voyage pour recharger ton tel !
    Encore un grand discours ! j’arrête, sinon, tu en auras ras le bol de me lire ! 😉
    Bien à toi.
    Laurence

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