Un premier mois en Martinique

La traversée de l’Atlantique a constitué une magnifique première étape de mon voyage. La Martinique en est une deuxième, et je ne sais pas comment je vais pouvoir condenser rencontres, découvertes, apprentissages et réflexions en un seul article. J’ai choisi de consacrer un article a mon premier mois ici, douce époque ou le mot coro******* ne venait pas encore jusqu’à mes oreilles. Un deuxième arrive très vite car cela fait déjà presque deux mois que je suis arrivée ! Bonne lecture !

Une semaine en catamaran – du 8 au 15 février

Le retour à la civilisation se fait en douceur : le lendemain de notre arrivée, Moana et moi embarquons sur le bateau de Carl, un ami avec qui elle a déjà navigué au Portugal. Carl est un irlandais de 37 ans, qui voyage sur son catamaran Jade depuis 5 ans. Il a accepté que je passe une semaine avec eux. Trop génial, encore du bateau ! Je découvre une nouvelle partie de la vie de plaisance. Arriver dans un mouillage paradisiaque, y passer un peu de temps et aller faire un tour sur terre, se baigner directement du bateau… Ça a vraiment un goût de vacances permanentes qui n’est pas désagréable pour récupérer de la fatigue de la traversée. Comme mon bras va beaucoup mieux et que Moana et Carl sont très pédagogues, j’apprends énormément sur la navigation : jeter et lever l’ancre, piloter le bateau dans le chenal (c’est pas difficile mais on parle quand même de déplacer un gros bébé de 11m de long et 4m de large donc vaut mieux pas trop faire la maline), conduire l’annexe (c’est pas le plus difficile mais extrêmement satisfaisant)… Ça me donne vraiment envie de creuser et de vraiment prendre le temps d’apprendre à naviguer. Ici, les criques sont appelées anses. On mouille donc successivement a l’Anse Chaudiere, puis a l’Anse Mitan.

Je découvre aussi de nombreuses autres personnes qui ont fait le choix de vivre sur leur bateau : Justin et Kelly sont des comptables australiens qui vivent et travaillent sur leur bateau grâce à une connexion satellite. Wolfgang est un ancien commercial allemand qui a tout plaqué pour vivre cette aventure et qui n’arrête pas de sourire, ses boucles blondes entourant la bonhomie de son visage. Ils sont des dizaines comme ça et je sens la joie qui émane d’eux quand ils en parlent.

Frustrées de ne pas avoir pu pêcher plus pendant la traversée (suite à la perte de notre leurre), nous achetons de quoi monter des lignes nous-mêmes. La première tentative est infructueuse, les poissons ne se laissant pas avoir par le magnifique poulpe rose pailleté que nous leur proposons. En arrivant au mouillage, j’aperçois un pêcheur qui remonte son filet et je l’applaudis a distance. En Martinique, on voit beaucoup de pêcheurs sur leurs bateaux colorés de 4-5m, observés de très près par pélicans et aigrettes paresseux et gourmands. Il passe à côté de notre bateau et je lui explique que nous n’avons pas réussi à pêcher à la traîne avec des leurres artificiels. Il envoie une dizaine de balaous (poisson de la taille d’un maquereau mais avec un bec) sur le pont du bateau, nous expliquant que ça marche beaucoup mieux. Adorable ! Bon, malheureusement, ça n’a pas marché non plus (et la ligne s’est emmêlée dans l’hélice du moteur, un plaisir) alors on s’est rattrapé en mangeant les balaous !

Un jour, Moana et moi partons faire une randonnée autour des Trois Îlets (à l’ouest de l’île) avec Louis, un voyageur qui m’a contactée sur Couchsurfing et qui a aussi traversé l’Atlantique à la voile. C’est notre première rando sur l’île, je suis contente de prendre le temps d’aller sur terre, d’autant plus que je prévois d’aller rapidement en Guadeloupe. La reprise est difficile, un mois sans marcher ça fait fondre les muscles ! Je souffre pas mal, mais progresser en randonnée fait partie des choses dont j’ai envie en voyageant. L’effort est à la hauteur de la récompense : on se retrouve sur des petites plages désertes, on nage même jusqu’à un petit îlet interdit au public sur lequel se trouve un fort datant de l’époque napoléonienne. Il paraît qu’une trappe a été ouverte pour rentrer dedans… On ne la trouve pas, mais j’aime bien ce petit avant-goût d’aventure. On prévoit de recroiser Louis en Guadeloupe dans quelques jours. Les connexions sont si faciles !

Cette belle semaine de détente s’achève le 15 février. C’est l’heure des séparations avec Moana. On a les yeux qui brillent. Ça fait 42 jours que nous étions ensemble H24. Je crois que ça ne m’est jamais arrivé de passer autant de temps aussi proche de quelqu’un. Et ça s’est tellement bien passé ! Après 6 semaines à parler, rire, cuisiner, pleurer, communiquer, dessiner, chanter, s’étirer, naviguer… ça me fait tout drôle de me séparer d’elle. Je sais qu’on renouvellera l’expérience un jour, quand elle aura son bateau et que je serai son équipière, par exemple… En tout cas, notre relation déjà belle est renforcée et ça m’a vraiment fait du bien de l’avoir à mes côtés pendant tout le début de cette nouvelle page de vie.

Un camp et des ami.es – du 15 au 23 février

Il y a quelques années, j’étais en classe préparatoire avec Mathilde, que je n’ai pas revue depuis (c’est à dire depuis 5 ans). Heureuse coïncidence, elle est venue vivre en Martinique… le 13 février ! Ça me fait du bien de trouver un visage connu de l’autre côté de l’océan. Nous passons un week-end ensemble avant qu’elle ne reprenne le travail. Je me repose enfin un peu, et prévois de revenir chez Mathilde pour fêter le carnaval ensemble !

De retour au Marin, je passe de nouveau trois jours sur Constance ou Sergio et Domi sont aux petits soins avec moi, puis leur dis au revoir car ils rentrent en Italie en avion pour se reposer un peu et revenir debut avril. Du coup, je m’installe au camp. Au quoi ?
Nous sommes nombreux à faire la Transatlantique et arriver au Marin, cherchant un bateau pour aller en Guadeloupe, en Colombie, au Mexique… Les bateaux-stoppeurs ont donc créé un camp dans la foret proche de la marina, où la vie est presque gratuite : installés au cœur de la forêt (l’emplacement change toutes les quelques semaines, c’est un peu le jeu du chat et de la souris avec la police), nous prenons de l’eau à la marina (remontée par bidons de 5L en haut de la colline) et nous nourrissons exclusivement de récup. De nombreux charters (de beaux bateaux à voile loués avec skipper et qui emmènent des touristes faire du voilier) jettent la nourriture qu’il leur reste chaque semaine. Les poubelles de la marina sont donc pleines de nourriture, sans compter les poubelles de magasins comme Leader Price qui jettent chaque jour des quantités astronomiques de nourriture arrivée à la date limite de consommation mais en fait encore très bonne. C’est donc une vingtaine de personnes qui récupèrent et cuisinent au feu de bois cette nourriture sauvée des poubelles. Tout le matériel du camp provient de la récup : les voiles qui nous abritent, le matériel de cuisine, les chaises, les livres… et même tout un Free Shop dans lequel chacun.e peut se servir ! Les gens qui veulent venir au camp trouvent en général ceux qui y sont déjà au bar de la marina, et le transfert de connaissance se fait naturellement. C’est magique et génial, je découvre cette nouvelle (pour moi) forme de vie en communauté avec une excitation que moyennement dissimulée.
La population du camp a entre 19 et 35 ans, en gros. Ce sont des gens qui voyagent un peu tous dans le même état d’esprit, souvent là où le vent les mène, pour des durées plus ou moins longues, avec des objectifs plus ou moins arrêtés. Il y a beaucoup de français, mais aussi des espagnols, polonais, allemands, autrichiens, suisses, anglais… Certains veulent travailler un peu avant de quitter la Martinique et donc la France, d’autres cherchent un bateau à fond (et trouvent), d’autres chercheront demain… ou après-demain… Toute cette bande de joyeux lurons passe ses soirées à boire (un peu) de rhum et à jouer de la guitare autour du feu, et ça fait du bien de voir cette joie de vivre.
C’est la première fois que je rencontre des gens qui ont un état d’esprit aussi proche du mien. Une partie de moi est ravie de rencontrer toutes ces personnes qui me comprennent. Dans mon entourage j’étais un peu l’ovni quand je parlais de mon choix de vie. Ici, on a tous fait le même ! C’est agréable de se sentir comprise, et de n’avoir même pas besoin d’en parler. On sait, on se comprend. Une autre partie de moi est moins enjouée : à quoi ça rime de partir à l’autre bout du monde pour y trouver des gens comme moi ? Je ne suis pas si différente que ça alors ? Est-ce que c’est mal de faire un peu d’entre-soi de temps en temps ?

En passant du temps avec les gens du camp, je ressens une pression folle à trouver un bateau. L’un part en Guadeloupe demain, l’une part en Colombie dans une semaine, l’autre a trouvé un bateau aujourd’hui… Pendant quelques jours, il y a comme une urgence : vite, il faut que je trouve un bateau pour aller en Guadeloupe, pas de temps à perdre !!! J’ai quelques pistes, je creuse un peu… et puis un soir, tous ces questionnements et cette pression me font imploser. Je passe la soirée à pleurer et à lâcher les vannes. Je me sens consolée et rassurée, je danse un peu et je réalise : pourquoi ne pas juste prendre le temps ? Pourquoi suis-je si pressée de quitter cette île sur laquelle je viens d’arriver ? La Guadeloupe et le reste, on verra plus tard ! Prenons le temps de vivre, je n’ai pas de deadlines, ce n’est pas pour en créer des nouvelles de toute pièce ! C’est l’une des meilleures décisions que j’ai prise en ce début de voyage. Et puis quand j’aurai vraiment envie de partir, la vie m’apportera très certainement ce dont j’ai besoin sur un plateau. Je remarque d’ailleurs que c’est exactement ce qui se passe : en arrivant au camp, un tapis de sol m’a été donne et une tente prêtée en l’espace de quelques minutes alors que je cherchais ces deux objets. Quelques jours plus tard, je manifesterai mon envie de me rendre utile et trois possibilités me tomberont dans les bras en deux jours.

Je me suis fais des supers amis au camp. J’avais très peur du caractère éphémère des relations que l’on peut faire en voyage. On se rencontre, on passe un peu de temps ensemble, quelques heures ou quelques jours, puis on se sépare et la vie nous dira plus tard si on doit se retrouver quelque part. Je crois que j’avais tort. En arrivant au camp, j’ai fait la connaissance (entre autres) de Vincent et Ben. Nous passons quelques jours ensemble entre belote, arts martiaux sur la plage et autostop. Le stop a trois, c’est quelque chose ! Et on fait des belles rencontres : un jour, Valérie, qui s’est pris des vacances seule en Martinique, nous propose de venir à la plage avec elle. On passe l’après-midi a discuter. Un autre soir nous sommes pris par Mélissa et son copain qui nous proposent de venir passer la soirée avec eux et leurs amis sur la plage. Fanny, une amie d’école de commerce en vacances juste à côté nous rejoint. Fred, qui habite dans une petite maison de taule à côté de la plage, nous cuisine du poisson, juste parce que ça lui fait plaisir de passer du temps avec nous. J’adore cette improvisation et la spontanéité qui émane de ces moments !

Après avoir passé quelques jours au Marin, Vincent, Ben, Jakob (un autrichien qui vit au camp) et moi partons rejoindre d’autres amis à Tartane, haut-lieu du surf en Martinique. Je fais du stop avec Jakob, et une voiture nous arrête à côté d’un vendeur d’eau de coco. Je m’approche de lui car je n’ai jamais goûté et on en voit partout ici. Il m’explique qu’une fois la noix vidée, il donne les noix de coco avec la chair encore molle aux clients qui les veulent. Nous voila donc au bord de la quatre voies en train de dévorer des noix de coco. On repart même avec cinq noix pour partager avec les copains (c’est un peu un cadeau empoisonné parce que c’est franchement lourd !).

Arrivés a Tartane, quelle n’est pas ma surprise de retrouver Cannelle et Noé, rencontrés lors de ma toute première soirée en Martinique, quand Moana et moi avions été accueillies par les gens du camp ! On surfe tout l’après-midi. Enfin, utiliser le mot surfer, c’est un peu prétentieux de ma part. Disons que je me suis pris rouleau sur rouleau pendant deux heures, ressentant une ou deux fois le plaisir de la glissade, allongée sur ma planche. Bon, je ne suis pas la plus à plaindre, Jakob a marché sur un oursin !
Ce soir là, tout le monde se couche sur son tapis, dans sa tente ou son hamac… Sauf Vincent, Ben et moi, qui n’avons rien pris de tout ca ! Après quelques minutes à errer sur la plage, on trouve les transats d’un restaurant fermé. On les installe sur la plage, et voici un lit royal pour une nuit a la belle étoile !

Un carnaval et encore des ami.es – du 23 février au 4 mars

Mathilde (ma copine de prépa) m’a gentiment proposé d’accueillir quelques personnes chez elle, à Fort-de-France, pendant le carnaval. Elle vit en dessous de la maison de Féfé, un martiniquais très fêtard qui prévoit de faire la fête chez lui tous les soirs du carnaval. Oui, parce qu’ici le carnaval dure 4 jours, ce sont presque des jours fériés pour les locaux. Cette année c’est du 23 au 26 février. La coutume, me dit Féfé, veut que l’on ne dorme pas du début à la fin du carnaval. Euh…
Vincent, Ben, Clément, Jakob et moi débarquons donc chez Mathilde le dimanche 23 février, prêts à découvrir cette fête dont on nous a tant parlé. Et ça valait le détour ! Le carnaval martiniquais est un carnaval participatif. N’importe qui peut s’intégrer a n’importe quel groupe, et cette foule constitue un vidé. Généralement, ce sont des groupes de percussions de 20 à parfois 80 membres, déguisés et emmenant la foule dans des rythmes endiablés. On découvre aussi le danmyé, art martial traditionnel de Martinique mêlé au rythme, presque danse. Vincent et Ben étant adeptes des arts martiaux, ils se retrouvent bientôt à se battre au milieu de la foule.
Le lundi matin, nous sommes réveillés par le fils de Féfé qui veut nous emmener à un vidé de quartier. Des gens d’un même lotissement se réunissent a 5h du matin et passent d’une maison a l’autre. Nous arrivons vers 10h, tout le monde a un verre de rhum a la main et mange du poisson. Décollage assuré ! Un groupe joue de la musique, toutes les générations se confondent, ça chante ça danse ça boit ça mange…

De haut en bas et de gauche a droite : 1 et 2 : le vidé de quartier – 3 : Vincent en combat de Danmyé – 4 et 5 : le mardi, tout le monde est en rouge – 6 : la communauté gay est au top de sa forme pour le carnaval

Je m’interroge beaucoup sur le rapport hommes/femmes ici. En tant que femme, je suis très régulièrement accostée par des hommes en voiture ou dans la rue (incomparablement plus qu’en métropole). Au debut, jai plutôt tendance à m’énerver : je ne suis pas un bout de viande ! Au fur et à mesure que le temps passe, je me sers de ça pour créer un lien différent avec ceux qui font ça. « Tu crois vraiment que ça va fonctionner ce que tu fais ? », « J’ai pas le temps pour ça, désolée, j’ai trop de trucs à faire ! », le tout toujours en rigolant. Et ça fonctionne, dans le sens ou on discute un peu, et je ne m’énerve plus donc ça me pollue moins. Je crois que c’est culturel : ils s’en fichent qu’on leur dise non, mais juste pour le principe, ils accostent. Un ami de Féfé nous dépose un jour au carnaval et accoste une fille par la fenêtre de sa voiture, alors que nous sommes cinq dans la voiture et que j’ai déjà discuté de ca avec lui parce qu’il m’avait fait des remarques déplacées (il est néanmoins adorable). Aucun problème, c’est tellement ancré dans sa culture que le faire devant nous ne le gêne aucunement. J’essaie donc de jongler entre dire ce qui me met mal à l’aise et m’adapter à une culture différente. Parce que oui, on a beau être dans un département français, il y a quand même de sacrées différences de coutumes et de mode de vie.
Dans le même genre, le premier jour du carnaval, la tradition veut que les hommes se déguisent en femmes et inversement. En pratique, je découvre que ce sont surtout les hommes qui se travestissent. Tout le monde est très très sexy, toutes les parties du corps sont dévoilées. D’un côté je trouve ça génial, car ce lâcher prise s’applique a tous les types de corps : gros, maigres, vieux, jeunes… la décomplexion est totale et pour tous, et ça fait plaisir à voir. D’un autre cote, il y a une hypersexualisation du corps de la femme et une caricature de la gente féminine par les hommes qui jouent des femmes très maniérées et hyper sexy. C’est encore une question de culture que je n’ai pas à juger mais que je me plais à analyser pour comprendre les gens que je rencontre et les situations auxquelles je fais face.

En tout cas, ce carnaval aura été une sacrée experience ! Apres ces quatre jours intenses, on était heureux de rentrer a la maison, c’est a dire au camp du Marin. Mais avant, nous faisons un petit saut à un spot de psycobloc (comprendre : bloc d’escalade au dessus de l’eau) et de snorkeling magnifique, point final de cette petite expédition.

Trois jours après être rentrés au Marin (c’est-a-dire le 2 mars), on décide de repartir se balader pour aller passer plus de temps au spot de psycobloc, et camper la-bas. Cette fois, je pars avec Vincent et Florence, une amie a lui. Ben reste au camp car il veut trouver un bateau rapidement pour l’Amérique du Sud. On doit rejoindre des amis sur place (dont Cannelle et Noé, les copains du surf), mais le point de rendez-vous change au cours de la journée et génère plusieurs contre-temps pour nous. On se retrouve donc à demander à une famille de vacanciers un peu d’eau et passons une heure à discuter avec eux. Du coup, il nous reste une demi-heure de marche pour rejoindre les copains et la nuit tombe déjà. On passe devant une maison, un homme nous arrête : « Vous n’allez pas à l’Anse Noire à cette heure-ci hein ? Il fait presque nuit et c’est l’heure ou les serpents chassent. Venez plutôt boire un tipunch a la maison. ». David est masseur et prof de Qigong et de Kung-fu. Il a un petit jardin plein de plantes locales et j’apprends à en reconnaitre plein : le bois d’Inde est un peu le laurier local, le zanzibar a des graines toutes douces, le moringa est entièrement comestible, la vanille, le café, le papayer, l’avocatier, etc… Nous sommes tous les trois pendus aux lèvres de David qui finalement nous prepare à manger… Puis nous invite à rester dormir chez lui avant qu’on aille à l’Anse Noire le lendemain matin. On passe une superbe soirée avec lui et on promet de se revoir (ça n’est pas encore arrivé a l’heure où j’écris ces lignes mais ça va venir !).

A l’Anse noire nous retrouvons les copains et découvrons un spot de snorkeling incroyable : nous nageons pendant une heure avec un énorme banc de poissons. Il y en a des milliers, peut-être des dizaines de milliers, qui nagent dans un mouvement unique. Ils s’entremêlent comme des brins d’ADN dans une synchronisation parfaite, c’est magnifique. A quelques mètres d’eux, je nage pour la premiere fois avec des tortues, très présentes près des récifs et très prisées des organismes touristiques. On trouve parfois dix personnes autour d’une même tortue, j’essaie donc d’en rester éloignée parce que ça doit pas être hyper marrant pour elles. Je me sépare de mes amis pour l’après-midi. Trop de monde, partout, tout le temps, je n’arrive plus à me retrouver quelques minutes seule. Je les rejoins au psycobloc quelques heures plus tard, ressourcée d’avoir passé un peu de temps avec moi-même.

1 : Vincent, Flo et moi – 2 : Anse Noire – 3 : Anse Dufour, juste à côté – 4 : l’eau est si beeeeelle

Nous sommes le 4 mars et je décide de rentrer directement au camp car Ludo, un ami de Cannelle et Noé (oui je sais ça commence a faire beaucoup de prénoms mais promis je vous ménage !) m’a proposé de passer voir le bateau sur lequel il bosse au Robert (dans l’Est de l’île). Il faut donc que je récupère toutes mes affaires au Marin. C’est la premiere fois depuis trois semaines que je prends l’intégralité de mes affaires avec moi. Je ne sais pas quand je reviendrai au camp puisque dans deux jours je pars encore plus au Nord pour m’occuper dun ado en situation de handicap. Une nouvelle fois je change de pied-à-terre, et je ne sais même pas encore quel va être le suivant. En réalité, ce n’est pas désagréable du tout. Mon sac n’est pas gros et j’aime beaucoup avoir toute ma maison sur mon dos. C’est encore un peu ma sécurité, ça me donne l’impression que rien ne peut m’arriver.

Je m’en rendrai compte un peu plus tard, mais ce moment marque un petit tournant dans mon séjour (et c’est pour ca que ce premier article s’arrête ici). Je ne fais plus partie d’un groupe qui construit des projets et des expéditions à plusieurs, mais je pars seule et je décide seule de ce que j’ai envie de faire. Et pour le moment, j’ai envie de me rendre utile à d’autres personnes et de me retrouver un peu avec moi-même, de vivre ma propre expérience de cette île qui m’a déjà réservé de belles surprises. Affaire à suivre donc…

2 commentaires sur “Un premier mois en Martinique

  1. J’ai dévoré ton récit comme un livre d’aventures avec tes qualités qui ne datent pas d’hier : spontanéité, joie de vivre, simplicité, sincérité… Et tant d’autres… Bravo ! Vive la vie !

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