Un nouveau confinement en voyage, le blues de l’immobile

J’ai essayé maintes fois d’écrire un article pour reprendre en main mon blog, en résumant ces trois puis quatre puis cinq derniers mois de silence, sans trop en dire pour ne pas être trop longue mais en racontant quand même l’essentiel des événements et de mes émotions. Sans succès : je ne suis jamais arrivée au bout de ces écrits. Il m’est alors apparu comme évident que si je voulais continuer à alimenter ce site, il fallait que je change le format de mes articles. A écrire une fois par mois (voire moins), j’avais tellement de choses à partager que finalement je ne savais plus par où commencer. Pourquoi ne pas écrire plus souvent, des textes plus courts ? Textes qui ne sont pas obligés de narrer ma vie de manière chronologique mais qui peuvent concerner une réflexion, un accomplissement, un moment de blues, un moment de joie…

Aujourd’hui, en ce début de deuxième confinement, je me lance et je reprends la publication de mes écrits.

(Bon, le défi personnel c’est de publier un p’tit quelque chose chaque jour pendant ce mois de confinement. Enfin tant que j’ai des choses à raconter et tant que j’ai internet, car il se pourrait que je m’échappe de la Martinique pour éviter le confinement. Affaire à suivre !).

Mon premier confinement était super rigolo, c’était encore le début du voyage et j’avais rencontré Ludo qui avait plein d’idées d’aventures pour braver les interdictions et nous permettre de se balader un peu en Martinique. L’annonce du deuxième, honnêtement, j’étais pas prête. Je n’ai pas du tout suivi l’actualité ces derniers mois pour ne pas me pourrir l’esprit avec la pandémie et être hantée par la peur, alors cette allocution m’est un peu tombée dessus. Et franchement, coup de blues. Comme beaucoup d’entre nous, je suppose. Être en voyage ne m’a pas fait échapper à la règle. Je n’ai pas envie de débattre ici sur le bienfondé ou pas de ces décisions gouvernementales, mais le fait est qu’à mes yeux elles sont un désastre concernant la santé psychologique des citoyen.ne.s. Alors avec tous les bateaux-stoppeurs et bateaux-stoppeuses encore présent.es en Martinique, jeudi soir, avant d’être reconfiné.es et de ne pas savoir quand on pourrait à nouveau passer du temps les uns avec les autres, on a fait la fête dans un bar à Fort-de-France. Et ça nous a fait un bien fou, d’entonner des chansons de pirates en buvant du rhum et en dansant. Le coup de blues était guéri. A bientôt les ami.es !

Je vis sur un bateau depuis 6 mois (on en reparlera…) et dernièrement la terre ferme, le vert, les grands espaces me manquaient. Je suis donc allée chez une copine qui garde une maison jusqu’à mi-novembre. Et nous voilà à cinq, dans ce petit cocon à flan de montagne, entouré d’une végétation dense et humide, enfermé car il pleut des cordes depuis plusieurs jours et qu’on n’a pas de voiture pour nous rendre au village le plus proche (et que bon, le stop ça marche pas ouf en période de confinement). C’est un peu trop petit pour cinq, ici. On n’a pas trop d’intimité, on ne peut pas trop sortir à cause du temps, et on n’a pas toujours les mêmes envies au même moment. Finalement, c’est tout pareil qu’un bateau ! Mais c’est bon d’être avec elles et eux. De cuisiner, de parler, de petit déjeuner, de dormir, de faire de la musique avec ces copains et copines de voyage qui sont devenus un peu plus que ça après tant de mois. Pour le moment on s’ennuie un peu ensemble. On apprend chaque jour que des bateaux vont partir au Mexique, au Panama, en République Dominicaine, à Tahiti…Ca fait presque un an qu’on est ici et la bougeotte nous tapote sur l’épaule. Il est temps de se remettre en route les p’tits gars ! Le chemin nous appelle, plus attirant que jamais. On réfléchit à partir avec tel ou tel bateau. Chacun des plans est encore plein d’incertitude et nous n’avons d’autre chose à faire que d’attendre que des décisions soient prises. Alors les journées sont des pages blanches où l’on passe du hamac au canap’, du canap’ au lit, du lit à la terrasse, essayant de s’y retrouver un peu dans ce cheminement incertain, de se retrouver un peu dans cette vie de communauté en huis-clos… Le tout ponctué de jolies conversations et de doux éclats de rire.

La vue depuis la maison : dans les nuages, la montage Pelée, plus haut sommet de Martinique. Et le grand arbre sur la gauche, c’est un papayer !

Je vous souhaite à toutes et à tous de prendre soin de vous et des gens qui vous entourent. La solidarité reste importante, plus que jamais. Je vous envoie plein d’amour, où que vous soyez dans le monde ! A demain ?

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